LexaviseBlogVérifier
Accueil · Blog · Auto-entreprise ou SASU
Choisir sa forme

Auto-entreprise ou SASU : que choisir en 2026 ?

Mis à jour le 27 juin 2026 · Rédaction Lexavise · 3 min de lecture

Auto-entreprise et SASU sont les deux statuts les plus choisis pour se lancer seul — mais ils n'ont presque rien en commun. Plafonds, charges déductibles, protection sociale, fiscalité, image : ce comparatif détaille chaque critère et donne des cas chiffrés pour décider en connaissance de cause en 2026.

Préparer mon annonce de constitution
À retenir
  • La micro est simple, gratuite, mais plafonnée (188 700 € en vente, 77 700 € en services) et ne déduit pas les charges.
  • La SASU est sans plafond, déduit les charges réelles, permet les dividendes et l'arrivée d'associés, mais coûte plus cher à créer et à gérer.
  • Règle simple : peu de charges + petit CA → micro ; charges réelles élevées, ambition de croissance ou levée → SASU.

Comparatif synthétique

Auto-entrepriseSASU
NatureEntreprise individuelle, régime simplifiéSociété (personne morale)
CréationGratuite, en ligneStatuts + annonce légale (142 € HT)
Plafond de CA188 700 € / 77 700 €Aucun
Charges déductiblesNon (abattement forfaitaire)Oui (frais réels)
Statut socialIndépendant (micro-social)Assimilé-salarié
DividendesNonOui, sans cotisations sociales
ComptabilitéLivre de recettesComptabilité complète
Associés / levéeImpossiblePossible (devient SAS)

Plafonds, fiscalité et TVA

En micro, l'impôt est calculé sur le CA après un abattement forfaitaire représentant les charges : 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services commerciales (BIC), 34 % pour les activités libérales (BNC). Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu reste possible sous condition de revenu fiscal de référence.

La franchise en base de TVA s'applique tant que le CA reste sous les seuils 2026 (85 000 € en vente, 37 500 € en services, avec seuils majorés à 93 500 € et 41 250 €). La SASU, elle, facture la TVA dès le premier euro mais la récupère sur ses achats.

La SASU est à l'IS (15 % puis 25 %) ; les charges réelles (matériel, salaires, loyers, abonnements) viennent en déduction du bénéfice imposable.

Le critère décisif : les charges déductibles

C'est souvent ce qui tranche. En micro, vous êtes taxé sur le chiffre d'affaires, peu importe vos dépenses réelles. En SASU, vous êtes taxé sur le bénéfice après déduction des charges.

Si votre activité suppose des achats, du matériel, de la sous-traitance ou des frais importants, l'abattement forfaitaire de la micro devient vite défavorable. À l'inverse, une activité de service à faibles charges (conseil, rédaction) reste longtemps avantageuse en micro.

Cas chiffrés (à titre indicatif)

Consultant, 45 000 € de CA, charges faibles

En micro (BNC), abattement de 34 % → base imposable ≈ 29 700 €, gestion ultra-simple, cotisations sur le CA. La micro est ici très compétitive.

Artisan, 120 000 € de CA, 50 000 € de charges réelles

La micro plafonne et taxe sur le CA sans tenir compte des 50 000 € de charges : pénalisant. La SASU déduit les charges, optimise rémunération/dividendes et n'a pas de plafond. La société s'impose.

Bon réflexe Ne raisonnez pas seulement « impôt » : intégrez la protection sociale, la retraite, la TVA récupérable et l'image vis-à-vis des clients et des banques.

Protection sociale et retraite

Le micro-entrepreneur cotise au régime des indépendants, avec une protection plus légère et des droits à la retraite proportionnels au CA déclaré. Le président de SASU, assimilé-salarié, bénéficie d'une meilleure couverture (régime général) et de meilleurs droits à la retraite, au prix de cotisations plus élevées. Aucun des deux n'ouvre de droit à l'assurance chômage au titre de l'activité.

Passer de la micro à la SASU

Le passage n'est pas une transformation : on crée une SASU, on y bascule l'activité (clients, contrats, éventuels actifs), puis on ferme la micro. C'est le mouvement naturel quand le CA approche les plafonds ou que les charges réelles deviennent significatives. Détail : passer de micro-entreprise à SASU.

Sources & base légale
Code général des impôts : régime micro (art. 50-0 et 102 ter), franchise en base de TVA (art. 293 B).
Code de commerce, art. L.227-1 et s. (SASU).
Seuils et taux 2026 (loi de finances et barèmes URSSAF).