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Créer une SASU en 2026 : guide complet

Mis à jour le 27 juin 2026 · Rédaction Lexavise · 4 min de lecture

La SASU — société par actions simplifiée unipersonnelle — est la forme reine pour entreprendre seul tout en se ménageant la possibilité de lever des fonds et de s'associer plus tard. Ce guide détaille chaque étape de la création, le statut social du président, la fiscalité (IS ou IR) et le coût réel en 2026, avec les pièges qui font perdre du temps au greffe.

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À retenir
  • Capital libre dès 1 € ; au moins 50 % des apports en numéraire libérés à la constitution, le solde sous 5 ans.
  • Le président est assimilé-salarié (régime général, pas d'assurance chômage) ; les dividendes échappent aux cotisations sociales.
  • Impôt sur les sociétés par défaut ; option IR possible 5 ans sous conditions.
  • Budget de création réaliste : ≈ 180 à 250 € HT (annonce légale 142 € + frais de greffe), hors honoraires.

Qu'est-ce qu'une SASU et à qui s'adresse-t-elle ?

La SASU est une SAS à associé unique : une société de capitaux régie par les articles L.227-1 et suivants du Code de commerce, dont la responsabilité est limitée aux apports.

Elle réunit trois atouts qui expliquent sa popularité auprès des créateurs : une grande liberté statutaire (l'associé unique organise la gouvernance presque librement), la protection sociale du régime général pour le président, et une évolutivité immédiate — l'entrée d'un investisseur la transforme en SAS sans création de personne morale nouvelle.

Ses limites

En contrepartie, les cotisations sociales sur la rémunération sont élevées (régime assimilé-salarié), le formalisme est plus lourd qu'une micro-entreprise, et le président ne cotise pas à l'assurance chômage au titre de son mandat.

Les étapes de création, pas à pas

  1. Rédiger les statuts et désigner le président (l'associé unique ou un tiers). Les statuts fixent dénomination, siège, objet, capital, durée et règles de décision.
  2. Déposer le capital social sur un compte bloqué (banque, néobanque ou notaire) ; obtenir l'attestation de dépôt des fonds.
  3. Publier l'annonce légale de constitution dans un support habilité du département du siège (forfait 142 € HT en 2026).
  4. Déclarer la société sur le guichet unique de l'INPI avec statuts, attestation de dépôt, attestation de parution, justificatifs d'identité et de domiciliation, et déclaration des bénéficiaires effectifs.
  5. Recevoir le Kbis et débloquer le capital sur présentation de l'extrait.
Ordre à respecter L'annonce légale doit être publiée avant le dépôt au guichet unique : son attestation de parution est une pièce du dossier. Inverser l'ordre bloque la formalité.

Capital social, apports et libération

Le capital est librement fixé par les statuts (1 € suffit légalement). Trois types d'apports sont possibles : en numéraire (somme d'argent), en nature (un bien) et en industrie (savoir-faire, non comptabilisé dans le capital).

Pour les apports en numéraire, la loi impose de libérer au moins la moitié à la constitution ; le solde doit l'être dans les cinq ans. Un commissaire aux apports doit évaluer les apports en nature, sauf si l'associé unique décide de s'en dispenser lorsqu'aucun apport en nature n'excède 30 000 € et que leur valeur totale n'excède pas la moitié du capital.

Conseil pratique Un capital trop symbolique (1 €) peut nuire à la crédibilité bancaire et à la capacité d'emprunt. Un capital de quelques milliers d'euros est souvent un meilleur signal.

Statut social et rémunération du président

Le président de SASU est assimilé-salarié : il relève du régime général de la sécurité sociale sur sa rémunération, avec une fiche de paie et des cotisations comparables à celles d'un cadre — mais sans cotisation d'assurance chômage.

Rémunération vs dividendes

C'est l'arbitrage central. La rémunération ouvre des droits (retraite, maladie) mais supporte de lourdes cotisations. Les dividendes, eux, ne sont pas soumis aux cotisations sociales en SASU (contrairement à l'EURL) : ils subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Un président sans rémunération ne cotise pas et n'acquiert aucun droit.

Fiscalité : IS par défaut, option IR temporaire

La SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (IS) : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), 25 % au-delà. Elle peut opter pour l'impôt sur le revenu (IR) pendant cinq exercices maximum (article 239 bis AB du CGI) si elle a moins de 5 ans, moins de 50 salariés, un chiffre d'affaires ou un bilan sous 10 M€, n'est pas cotée et est détenue majoritairement par des personnes physiques.

L'option IR fait remonter le résultat directement chez l'associé : intéressante en phase de pertes ou de faibles bénéfices, à arbitrer avec un expert-comptable.

Combien coûte réellement la création d'une SASU en 2026 ?

PosteMontant (2026)
Annonce légale de constitution142 € HT (forfait)
Frais de greffe / immatriculation≈ 37 € + déclaration des bénéficiaires effectifs
Capital socialà partir de 1 € (recommandé : davantage)
Statuts0 € si rédigés soi-même ; 150 à 1 500 € avec accompagnement
Commissaire aux apportsuniquement si apport en nature non dispensé

En faisant les statuts soi-même, le ticket d'entrée tourne autour de 180 à 250 € HT.

Les erreurs qui font rejeter ou ralentir le dossier

Avant de transmettre votre annonce au journal, vérifiez-la avec Lexavise : l'outil signale les mentions manquantes et les incohérences détectables. Il ne garantit pas l'acceptation au greffe et ne remplace pas un conseil juridique.

Sources & base légale
Code de commerce, art. L.227-1 et s. (société par actions simplifiée) et R.210-3 / R.210-4 (mentions de l'annonce légale).
Code général des impôts, art. 239 bis AB (option à l'impôt sur le revenu).
Arrêté du 19 novembre 2025 fixant les tarifs des annonces légales 2026.
Guichet unique : procedures.inpi.fr (INPI).